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On ne voyait que le bonheur... Une histoire en effet miroir !


[ L'enfance, une chance. Qui peut aussi être un immense champ de ruines.] Ce roman, puissant, bouleversant, époustouflant, remue les tripes jusqu'à s'écouler dans les veines. On sent le sang se répandre. De génération en génération. Traverser le vide des manques. Se réfugier dans un oreiller. Le cœur appelle. Se débat. Crie à l'amour. Jusqu'à en devenir sourd. C'est un SOS. Antoine, la quarantaine, est expert en assurances. Lorsqu'il apprend que son père a un cancer, il replonge petit à petit dans les souvenirs de son enfance. Un drame. La lâcheté. L'absence de mots. Celle qui tue les enfants. Les siens seront emportés. Les blessures éparpillées. Joséphine, Léon, Anna, Antoine grandissent dans le sillon de mères, de traviole. Chacun mène sa guerre. Les bouches cherchent leur source. La mort ses maux. Et ce seront les mots qui viendront guérir. Panser. Soigner. Dire pour revivre. Construit en trois parties, on finit la première partie de cette œuvre savamment construite la gorge serrée. La seconde les yeux humides. La dernière le cœur allégé.

C'est à la mesure de l'amour que l'on a pour les autres que notre douleur va s'échelonner, jusqu'à se dissoudre dans le bain du pardon. Mais avant il faut crier. Creuser. Souffrir. Et de ces tragédies qui renaissent au souffle des voyelles viendront les plus belles larmes... Celles de la vie. À lire absolument et le cœur bien accroché. Citation : "Il faut être deux blessés pour se rencontrer, être deux errances, deux âmes perdues."

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