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Ma première fois avec Olivier Adam !

La quête de soi façon Olivier Adam. Quelle lecture ! Quel chef-d’œuvre ! Dès les premières pages, je me suis sentie un peu étrangère. C’est au bord d’un précipice que l’auteur place le lecteur, en périphérie, dans la banlieue des pages, sur le bord des lettres. On devient un peu maladroit, comme Paul, en marge du monde.




Plus j’avançais dans la lecture, plus je me sentais liée au personnage principal. Plongée dans un univers sombre aux côtés de cette personnalité désabusée, la vision de la société est sans concession, sans fioriture. C’est la France des banlieues que l’on côtoie, des vécus bruts aux reliefs inégaux.

Paul est écrivain, des illusions, il en a à la pelle. Il ne se sent appartenir à aucune patrie, aucun endroit, et n’a plus de souvenirs des dix premières années de sa vie. Il va tenter de s’extraire de ce passé vaporeux en rejoignant la bourgeoisie littéraire, à laquelle il ne se sentira malheureusement jamais appartenir.

Échoué autant dans son mariage que dans sa vie, il va devoir retourner dans sa ville natale. Ces quelques jours vont finalement se transformer en tout un pan de vie que l’auteur nous livre sous une plume acerbe, sophistiquée, réaliste et envoûtante. Nous sommes immergés dans les limbes des souvenirs, les regrets, les prises de conscience, les désuétudes et les retrouvailles avec les amis d’enfance.

Quel roman épargnerait le personnage principal de sa propre vérité ?

C’est l’histoire d’un homme qui s’est rejeté, enfui et qui, même au bout du Finistère, en exil, ne pourra pas éviter la confrontation... avec lui-même.

Je suis séduite, touchée, émue par ce roman car Olivier Adam propose un récit à la fois poétique et réaliste du destin abimé d’hommes et de femmes aux origines modestes, d’enfants imprégnés de cette souffrance du sacrifice, ainsi que de toute une classe sociale délaissée… dans les lisières. 

À bientôt,

Julie