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Ma première fois avec Elena Ferrante


Être femme ou être mère ? Pour Leda, il n'y a pas de place pour les deux. Il faut choisir, rester ou partir. Alors elle est partie, pendant trois ans. Pour survivre.


C'est ma première fois avec Elena Ferrante. Une première fois un peu bancale. J'ai longtemps repoussé cette lecture. Une première fois émoustillante, j'ai bu certaines pages goulûment et avec plaisir. Une première fois qui marque le début d'une rencontre.


Quelles réponses donner à la femme qui souffre de la maternité ? Il s'agit d'être précautionneux. C'est tabou. Pas grand monde n'aime en parler. Il s'agit aussi de choisir un personnage un peu trouble, bancal lui aussi, à l'enfance un peu étroite. Coincé entre l'abandon et un amour échoué. Puis il faut une belle poupée. Le jouet parfait pour retranscrire ce passage, parfois tumultueux, entre féminité et maternité.


Leda vole cette poupée. Alors que ses filles ont grandi. Alors qu'elle est seule en vacances. La poupée qui va venir interroger les conditions de sa propre maternité...


Pourquoi n'a-t-elle pas été une mère sereine ? Pourquoi la relation avec ses filles l'a troublée ? Alors que d'autres deviennent plus belles, plus fortes, plus femmes. Elle a le sentiment de s'être échouée.


C'est cette maternité là, adulée, admirée que projette Leda sur Nina. Cette jeune femme qui joue avec sa fille de trois ans sur la plage. Mais on le sait, les apparences sont trompeuses et les projections ne font pas bon ménage avec lucidité.


Elena Ferrante, je relirai.

Elena Ferrante, je reconnais l'audace et la méticulosité. Dans la plume, dans l'émoi.

Elena Ferrante, je pense que le sujet de l'identité féminine n'a été que légèrement remué dans ce court roman, Poupée volée.

Je suis curieuse de voir jusqu'où elle est allée.

L'amie prodigieuse, assurément, je lirai.


À bientôt,

Julie.

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